Ressentir de la douleur pendant les rapports sexuels est une expérience fréquente chez les femmes, mais souvent silencieuse. Brûlures, contractions involontaires, gêne vaginale ou douleur clitoridienne ou douleur aux trompes peuvent apparaître pendant ou après les rapports. Ces douleurs sexuelles génèrent souvent anxiété et frustration, au niveau individuel et au niveau du couple. Cet article n'aborde que la question des douleurs et de ces solutions, cependant un second est spécifiquement dédié au couple faisant face à un enjeu de vaginisme, dyspareunie ou autres douleurs sexuelles.
La douleur sexuelle féminine peut être liée à des troubles comme la dyspareunie, le vaginisme, la vulvodynie ou la clitoridynie, mais aussi à des facteurs psychologiques ou relationnels. Comprendre ces causes et savoir vers qui se tourner permet de retrouver du plaisir et une sexualité épanouie.
Si vous avez des douleurs sexuelles, je vous invite à vous rapprocher d'un sexologue ou d'un professionnel de santé qui pourra vous aider. Cette difficulté vous amènera peut-être à travailler sur la détente corporelle, les peurs, le rapport au lâcher-prise et à votre corps, le passé sexuel, le désir, la communication... un professionnel saura vous accompagner avec douceur et bienveillance.
Qu’est-ce que la douleur pendant les rapports ?
La douleur sexuelle peut toucher différentes zones de la vulve :
- Vagin : brûlures, contractions involontaires, pénétration difficile (dyspareunie)
- Vulve : irritation, hypersensibilité ou brûlure persistante (vulvodynie)
- Clitoris : douleur lors de la stimulation (clitoridynie)
- Après les rapports : inconfort ou brûlure quelques heures ou jours après.
- Après une grossesse : douleurs périnéales et/ou abdominale liées à l'accouchement, à une épisiotomie, une césarienne.
- Après une grossesse extra-utérine : inconfort ou tensions au niveau de la trompe concernée par la GEU selon les positions sexuelles (et parfois hors sexualité)
Elle peut être ponctuelle ou chronique, et il est important de ne pas la banaliser.
Six causes principales de la douleur sexuelle chez la femme
1. Dyspareunie : douleur vaginale à la pénétration : la dyspareunie correspond à la douleur ressentie lors de la pénétration. Elle peut être superficielle (brûlure ou gêne à l’entrée du vagin) ou profonde (douleur en profondeur, parfois liée à la mobilité de l’utérus ou des organes pelviens). Causes fréquentes : sécheresse vaginale, infections (mycoses, vulvites, cystites), traumatismes ou interventions chirurgicales.
2. Vaginisme : contractions involontaires du périnée : le vaginisme se caractérise par une contraction involontaire des muscles du périnée, rendant la pénétration douloureuse ou impossible. Il peut être primaire (présent dès les premiers rapports) ou secondaire (apparu après une expérience douloureuse ou traumatique). Causes possibles : anxiété, peur de la douleur, traumatismes antérieurs ou expériences sexuelles douloureuses.
3. Vulvodynie : douleur chronique de la vulve : la vulvodynie se manifeste par une douleur persistante de la vulve, souvent brûlure ou hypersensibilité. Elle peut être localisée (vestibule vaginal) ou généralisée. Les causes peuvent inclure : inflammation chronique, hypersensibilité nerveuse ou déséquilibre hormonal.
4. Clitoridynie : douleur du clitoris : la clitoridynie est une douleur localisée au clitoris, souvent déclenchée par la stimulation. Elle peut résulter de : hyper-sensibilité nerveuse, traumatismes, frottements répétitifs ou infections.
5. Douleurs post-partum : il s'agit des douleurs découlant de l'accouchement, qui peuvent d'étendre sur toute la zone périnéale ainsi que dans le ventre. Cela recouvre les contractions utérines, douleurs liées à une épisiotomie ou une déchirure périnéale, hémorroïdes, constipation, mal de dos, etc.
6. Grossesse Extra-Utérine (GEU) : une sensibilité de la trompe de Fallope : c’est une cause dont on parle peu. Lors d’une grossesse extra-utérine (GEU), le fœtus se loge dans une des trompes de Fallope et y grandit. La grossesse n’est donc pas viable (risque d’hémorragie interne pour la mère). La trompe se déforme jusqu’à la cessation de grossesse (prise en charge médicale). Selon la cicatrisation, une certaine sensibilité peut perdurer et certaines positions sexuelles peuvent devenir douloureuses. Dans ce cas, consulter un ostéopathe intra-pelvien ou un kinésithérapeute spécialiste du périnée.
7. Facteurs psychologiques et relationnels : ces facteurs peuvent amplifier la douleur et rendre la sexualité moins agréable. Ce sont le stress et l’anxiété, les tensions relationnelles, les peurs ou hontes liées à des expériences passées, c’est-à-dire tout ce qui peut impacter le psychisme et la sphère émotionnelle.
Solutions concrètes pour soulager la douleur pendant les rapports
- Consulter un professionnel : un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale ; un gynécologue ou médecin formé à la sexualité ; un sexologue pour explorer les causes psychologiques et relationnelles
- Techniques physiques et exercices : Exercices de relaxation et respiration pour détendre le périnée ; Rééducation périnéale pour relâcher les muscles ; utilisation d’anneaux type Ohnut
- Lubrifiants et soins locaux : lubrifiants à base d’eau pendant les rapports ; crèmes ou gels hormonaux prescrits si nécessaire ; nettoyages doux et externes de la vulve sans produits irritants
- Accompagnement psychologique et sexologique : accompagnement sexologique pour explorer les émotions, les freins, le vécu érotique global, la communication, et travailler le renforcement de la confiance dans la relation de couple, etc., c’est ici que j’interviens ; thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour réduire la peur de la douleur.
- Patience et écoute de soi : respecter ses limites ; privilégier des moments d’intimité non sexuels ; communiquer avec son partenaire sur les sensations, besoins et envies.
- Dans le cas d'un accouchement : il est indispensable d'attendre au minimum six semaines avant la reprise du sexe pénétratif, afin d'éviter une infection et des douleurs sur le long terme. L'essentiel est que la mère soit prête et désire reprendre la sexualité.
Prévenir la douleur pendant les rapports
Les douleurs parlent de tensions, de crispation, et avant tout d’un besoin de sécurité. Il est donc indispensable, bien avant la sexualité, de veiller à la santé de la relation amoureuse, à sa douceur, à son intelligence émotionnelle et à son empathie. C’est un aspect essentiel. Maintenant, pour ce qui est de la sexualité, je ne peux que conseiller de prendre tout son temps pour les « préliminaires », et à n’intégrer la pénétration que si le corps de la compagne est prêt et demandeur. Prendre un temps avant et après la sexualité peut aussi contribuer à un sentiment de sécurité et de confiance entre partenaires, et permettre à ce moment-là au corps de s'ouvrir (avant : discussion sur ses envies, ses limites, caresses ; après : caresses, appréciation de ce qui a été vécu). Ne jamais forcer la pénétration ! Et si celle-ci est possible, n’hésitez pas à adapter les positions sexuelles pour un maximum de confort. Au niveau de la respiration, une respiration abdominale et profonde est encouragée afin de soutenir la relaxation et le sentiment de présence, de bien-être à l’intérieur de soi. Enfin, au niveau psychique, il est essentiel d’être douce avec vous-même et de ne pas vous mettre de pression autour de la performance ou de la pénétration. Le corps a sa sagesse, s’il se ferme ou exprime une douleur, il a ses raisons et le respect de ses limites doit primer. Prendre un temps avant et après la sexualité peut aussi permettre de créer des conditions optimales pour créer du lien entre partenaires.
FAQ – Douleur pendant les rapports
La douleur pendant les rapports est-elle normale ?
Non, elle n’est jamais normale et peut être le signe d’une dyspareunie, vaginisme, vulvodynie ou clitoridynie. Une évaluation médicale et sexologique est recommandée.
Quels gestes immédiats pour soulager la douleur ?
Lubrifiants, respect du corps, préliminaires adaptés et consultation d’un professionnel pour identifier la cause.
Le vaginisme peut-il disparaître ?
Oui, avec rééducation périnéale, exercices progressifs et accompagnement sexologique, le vaginisme peut être traité efficacement.
La douleur est-elle toujours physique ?
Non. Le stress, l’anxiété et les tensions relationnelles peuvent amplifier (voire générer) la douleur. Un accompagnement doit souvent combiner corps et esprit.
Quand consulter un professionnel ?
Dès que la douleur s’installe, persiste, gêne la sexualité ou génère anxiété et frustration. Une prise en charge adaptée permet de retrouver du plaisir.
La douleur pendant les rapports sexuels n’est ni rare, ni honteuse. Les causes peuvent être physiques (dyspareunie, vaginisme, vulvodynie, clitoridynie, post-partum, grossesse extra-utérine) ou psychologiques, et des solutions existent. Grâce à l’accompagnement médical, sexologique et relationnel, il est possible d’identifier les causes de la douleur, travailler les freins psychologiques et physiques, retrouver une sexualité sereine, confortable et épanouissante
Si vous ressentez régulièrement de la douleur pendant les rapports, consulter un professionnel est le meilleur moyen de retrouver plaisir et confiance dans votre sexualité. Je vous reçois dans mon cabinet de sexologie à Lyon 3, ainsi qu'en visio, toute la semaine.